Né en 2021, le Dakar Classic fait revivre l’esprit pionnier du Paris-Dakar : des engins emblématiques, une aventure humaine hors norme et surtout, la recherche du juste rythme plutôt que la chasse au chronomètre. Pensé comme une course de régularité courant en parallèle du Rallye Dakar moderne, le Classic offre aux passionnés l’occasion de traverser dunes et pistes au volant ou au guidon des machines qui ont fait la légende des années 80 et 90.

Qu’est-ce que le Dakar Classic ?

Le Dakar Classic est bien plus qu’une simple catégorie d’anciennes voitures au milieu du plus grand rallye-raid du monde. Créé en 2021 par l’ASO, Amaury Sport Organisation, responsable de la réglementation spécifique au Dakar, il répond à un double désir : célébrer un patrimoine mécanique devenu culte et offrir aux passionnés un format financièrement et physiquement plus accessible que la course moderne.

Concrètement, seuls les véhicules, 4×4, buggies et camions produits entre les années 80 et 2005 sont admis, ce qui permet de revoir en action des Range Rover V8, Peugeot 205 T16 Grand Raid, Mitsubishi Pajero Evolution, Mercedes 2638 ou encore les impressionnants DAF bicabines.

Notre équipe Bolides Racing Team a pris part aux éditions 2024 et 2025 du Dakar Classic.

Le Dakar Classic ou l’épreuve de régularité

Contrairement aux catégories « vitesse » où chaque seconde gagnée compte, le Dakar Classic est une épreuve de régularité. Les équipages reçoivent, avant chaque spéciale, une moyenne horaire qu’ils doivent respecter scrupuleusement. L’objectif n’est donc pas de franchir la ligne le plus vite possible, mais de coller à cette moyenne malgré les pièges du désert : sable mou, lits d’oued, pistes cassantes ou navigation à « cap » dans l’erg. Cette philosophie transforme la course en véritable jeu d’échecs mécanique.

Les différents groupes de vitesse

Pour niveler les écarts technologiques entre un 4×4 atmosphérique de 1982 et un prototype turbo des années 2000, l’organisation répartit les concurrents en groupes de vitesse baptisés H1 à H4. Plus le véhicule est ancien ou moins il est puissant, plus la moyenne à tenir est basse. Pour rester fidèle à l’esprit des pionniers, deux classements ont également été ajoutés :

  • l’Authentic Codriver Challenge, réservé aux équipages qui se refusent tout équipement de régularité moderne (pas de tripmaster électronique ni de tablette, uniquement un road-book papier et un chrono),
  • l’Iconic Classic Club, qui valorise les machines ayant réellement pris le départ d’un Dakar avant 2005, afin de distinguer les véhicules originaux des « répliques ».

Si la vitesse de pointe n’est plus la donnée maîtresse, le défi humain reste entier : bivouac sous la tente, assistance limitée, marathons sur plusieurs centaines de kilomètres, avec une différence de température importante entre le jour et la nuit.

En 2024, 91 % des équipages Classic ont vu l’arrivée, preuve d’un format exigeant mais raisonnable pour ceux qui rêvent de goûter à l’aventure sans disposer d’un budget d’usine. L’édition 2026 portera la distance chronométrée à 4 500 km, plaçant le Dakar Classic comme l’un des rallyes de régularité tout-terrain les plus longs au monde.

Qui peut participer au raid Classic ?

La porte du Dakar Classic est beaucoup plus ouverte qu’on ne l’imagine. Sont éligibles :

Les propriétaires

disposant d’un véhicule éligible (ou d’une réplique fidèle),

Les pilotes et copilotes majeurs

titulaires d’un permis en cours de validité.

Bon à savoir :

Si l’expérience rallye-raid n’est pas obligatoire, un stage de préparation navigation/mécanique est vivement conseillé. De même, la licence FIA, Fédération Internationale de l’Automobile, n’est pas exigée. Une licence NCCR avec une autorisation de concourir à l’étranger sera néanmoins nécessaire.

Quelles sont les autres catégories engagées au Rallye Dakar ?

Le Dakar moderne accueille aujourd’hui huit grandes classes, chacune ayant ses sous-catégories. Le Classic se court en parallèle :

  • RallyGP : moto 450 cm³
  • Rally2 : moto + Quads
  • Original by Motul : la classe « mécano de soi-même » où aucun service extérieur n’est autorisé
  • T1 / T1+ : Prototypes 4×4 & 4×2
  • T2 : Voitures de série modifiées
  • T3 : Protos légers
  • T4 : SSV
  • T5 : Camions de course
  • Mission 1000 : démonstrateur bas-carbone (hydrogène, électricité, e-fuel) lancé en 2024
  • Dakar Classic : régularité

Quand aura lieu la prochaine édition ?

La 48ᵉ édition du Rallye Dakar s’élancera le 3 janvier 2026 depuis Yanbu, sur la côte de la mer Rouge, pour revenir au même point d’arrivée le 17 janvier 2026. Entre ces deux dates, la caravane parcourra une boucle XXL d’environ 8 000 km, dont 5 000 km de secteurs chronométrés. Les points clés de l’édition du Dakar 2026 :

  • Départ et arrivée : Yanbu (Arabie saoudite), en bord de mer.
  • Format : boucle unique optimisée logistique, huit bivouacs au total, dont quatre étapes en boucle pour limiter les longues liaisons d’assistance.
  • Journée de repos : prévue à Riyad, à mi-course, pour un reset mécanique et médical.
  • Deux étapes « marathon-refuge » : une fois par semaine, retour aux nuits sous tente sans assistance extérieure.
  • Sécurité renforcée : sur quatre spéciales, motos et autos/camions emprunteront des tracés séparés afin d’éviter les dépassements dangereux et de pimenter la navigation.
  • Terrain : alternance de vasières de gravier, de plateaux rocheux techniques et de dunes plus « techniques » que massives, le fameux Quart Vide (Empty Quarter) n’est pas inclus cette année.

Retrouvez toutes les informations sur l’édition 2026 du Dakar Classic

Bon à savoir :

Les équipes d’ASO boucleront leur campagne de reconnaissance terrain en octobre 2025. À l’issue de cette mission de repérage, l’itinéraire final sera entériné et communiqué aux concurrents.

L’histoire du Paris-Dakar et du raid Classic

Né d’un coup de folie de Thierry Sabine en 1979, le Dakar a connu trois continents et plusieurs « vies ». Du pari un peu fou d’un motard perdu dans les sables libyens jusqu’aux prototypes électriques de Mission 1000, cette course mythique a constamment réinventé la notion d’aventure mécanique.

1979-1986 : Les années pionnières

Le 26 décembre 1978, 182 véhicules s’alignent place du Trocadéro, prêts à avaler près de 10 000 km d’une route encore largement inconnue. Dès cette première édition, seuls 74 équipages atteignent Dakar : le désert du Sahara, franchi sans balise GPS ni téléphone satellite, impose sa loi. On navigue alors au compas, au cap et souvent, à l’instinct.

En 1983, l’incursion dans le Ténéré, ses cordons dunaires et ses tempêtes de sable dévastatrices forgent la légende : une quarantaine de concurrents y errent jusqu’à quatre jours avant de retrouver la piste. L’euphorie connaît toutefois un brutal rappel à la réalité le 14 janvier 1986 : le fondateur Thierry Sabine disparaît dans un crash d’hélicoptère.

1987-2007 : L’âge d’or africain

À partir de 1987, les grands constructeurs, Peugeot, Mitsubishi, Volkswagen ou encore KTM, débarquent en force, injectant budgets d’usine, technologies de pointe et logistique lourde. Les vitesses grimpent, les médias accourent et les « usines à gagner » se succèdent sur le podium.

Stéphane Peterhansel empile six victoires à moto avant de triompher en auto, tandis que Jutta Kleinschmidt devient, en 2001, la première femme à remporter le classement général.

Les itinéraires se réinventent sans cesse : l’édition Paris-Le Cap 1992 trace 12 427 km à travers dix pays et l’an 2000 s’achève au pied des pyramides de Gizeh. L’Afrique devient le théâtre d’un duel épique entre ingénierie de pointe et gigantisme géographique.

2008 : l’année noire

La fête s’interrompt brutalement le 4 janvier 2008. À la suite de menaces terroristes en Mauritanie et d’un avis défavorable du Quai d’Orsay, l’édition est annulée la veille du départ à Lisbonne. Concurrents et suiveurs accusent le coup. L’organisation, contrainte de renoncer pour la première fois, doit repenser l’avenir de l’épreuve loin des pistes historiques africaines.

2009-2019 : La parenthèse sud-américaine

Dès 2009, le Dakar renaît de l’autre côté de l’Atlantique, s’appuyant sur l’enthousiasme massif des publics argentin, chilien, péruvien, bolivien puis paraguayen. Les Andes offrent des passages à plus de 3 500 m d’altitude, l’Atacama déploie ses dunes géantes et les bivouacs se transforment chaque soir en foires populaires.


Onze éditions successives voient l’émergence de nouvelles stars, Nasser Al-Attiyah, Toby Price, Stéphane Peterhansel côté auto, et l’explosion des catégories SSV. Cette décennie sud-américaine redonne souffle médiatique et sportif, tout en faisant découvrir au Dakar des terrains d’altitude, d’humidité et de sable d’une variété inédite.

Depuis 2020 : Le nouveau chapitre saoudien

À partir de 2020, le rallye pose ses roues en Arabie saoudite, immense territoire désertique qui combine sécurité renforcée et paysages vierges. Les boucles de plus de 8 000 km révèlent les « Empty Quarters » et les canyons de la région d’AlUla.

L’épreuve se modernise : création des étapes « 48 h Chrono », concept où les concurrents bivouaquent en autonomie et lancement du programme Mission 1000 réservé aux véhicules expérimentant les énergies alternatives (hydrogène, électrique, hybrides avancés). Sur ces plateaux infiniment ouverts, le Dakar trouve un nouveau terrain de jeu à la hauteur de son mythe originel.

2021 : naissance du Dakar Classic

Pour célébrer ses 40 ans, l’organisation introduit en 2021 le Dakar Classic, course de régularité dédiée aux véhicules produits entre 1980 et 2005. Vingt-quatre équipages inaugurent la catégorie, ravivant l’esthétique des pionniers avec chronomètres mécaniques, tripmasters et carrosseries d’époque. Le succès est immédiat : 88 voitures et camions s’alignent en 2023 et la distance chronométrée atteindra 4 500 km dès 2026, un record pour une épreuve classique.

Deux challenges renforcent l’authenticité : l’Authentic Codriver (navigation sans instruments électroniques) et l’Iconic Classic Club, réservé aux véhicules ayant réellement pris le départ d’un Dakar avant 2000. En quelques saisons, le Dakar Classic est devenu le trait d’union vivant entre la mémoire du rallye et ses futures légendes.

Foire aux questions

Où dorment les pilotes pendant le rallye ?

Chaque soir, le Rallye Dakar prend ses quartiers dans un bivouac : une véritable base logistique itinérante implantée au cœur du désert. Sous des tentes modulaires s’organisent réfectoires, infirmerie, centre média, postes de chronométrage et ateliers d’assistance. Concurrents, mécaniciens, médecins et personnel d’organisation représentent ainsi 2 500 à 3 000 personnes réunies sur une surface proche de 15 000 m².
Ce lieu, néanmoins, ne se vit pas de la même manière pour tous :

  • Équipages bénéficiant d’une assistance : les équipes professionnelles disposent de camions‐ateliers aménagés en dortoirs climatisés ou de semi‐remorques équipés de couchettes. Après chaque spéciale, les pilotes sont pris en charge par leurs mécaniciens tandis qu’un service de restauration sert environ 100 000 repas sur l’ensemble de l’épreuve.
  • Catégorie Original by Motul : les motards inscrits dans cette classe courent sans assistance extérieure. L’organisation transporte uniquement leur malle de 80 L, un jeu de roues, un compresseur et fournit une tente individuelle. Les pilotes effectuent eux-mêmes la maintenance de leur machine avant de se reposer sur un simple matelas au pied de leur moto.
  • Étapes marathon-refuge : deux fois pendant l’édition 2026, tous les concurrents, quelles que soient leurs ressources, passent la nuit sans équipe d’assistance. Le bivouac se réduit alors à l’essentiel : tente, sac de couchage et ration alimentaire limitée. Cette configuration austère, inspirée des « 48 h Chrono », impose de gérer soi-même la mécanique et de ménager son capital sommeil pour la spéciale du lendemain.

Ce dispositif, répété quotidiennement, permet de recréer une « ville éphémère » capable de nourrir, soigner et héberger l’ensemble de la caravane, avant de se déplacer au bivouac suivant dès l’aube.

Combien de véhicules abandonnent chaque année ?

Malgré le GPS, les hélicoptères médicaux et la logistique moderne, un tiers des engagés rendent toujours leur carnet de route avant le podium final du rallye Dakar :

  • Édition 2024 : 340 véhicules ont pris le départ, 239 seulement ont été classés à l’arrivée. 101 abandons, soit 29,7 % d’équipages arrêtés en route.
  • Édition 2025 : 335 véhicules se sont élancés, 175 ont bouclé la boucle, ce qui porte le bilan à 160 abandons et un taux de 47,8 %

Sur la décennie 2015-2025, le ratio oscille entre 30 % et 50 % selon la météo et la sévérité du parcours. Les étapes marathon et les longues sections de dunes restent les principaux « pièges » mécaniques.

Qu’est-ce que la catégorie « Original by Motul » ?

L’« Original by Motul » (ex-Malle-Moto) s’adresse aux pilotes moto Rally 2 qui choisissent de courir sans aucune assistance privée :

  • Une seule malle de 80 L (outils, pièces, effets personnels) est transportée par l’organisation.
  • L’ASO fournit la tente individuelle, le sac de couchage, le lève-moto, l’accès compresseur et quatre pneus pour toute la course.
  • Les pilotes gèrent seuls le montage de pneus, l’entretien mécanique et le montage/démontage du bivouac avant de repartir à l’aube.

Ils disputent exactement les mêmes spéciales et temps impartis que les autres Rally 2.

Qui est le patron du Dakar en 2025 ?

Depuis mars 2019, la direction générale du Rallye Dakar est assurée par David Castera, ancien copilote vainqueur en 2013 et ex-organisateur du Rallye du Maroc. À ce titre, il supervise le dessin du parcours, la sécurité et les innovations, telles que les étapes « 48 h Chrono » ou, en 2026, les nuits « marathon-refuge ». Auparavant, la responsabilité du Dakar fut confiée à : 

  • Patrick Verdoy et Thierry Sabine de 1978 à 1986,
  • Patrick Verdoy et Gilbert Sabine de 1986 à 1993,
  • Jean-Claude Morellet, dit “Fenouil”, en 1993 et 1994,
  • Hubert Auriol de 1994 à 2004,
  • Étienne Lavigne de 2004 à 2019.

Une question ? Besoin d’un devis ou d’un conseil technique ? L’équipe Bolides Racing Team est à votre écoute pour vous donner toutes les explications nécessaires et vous plonger dans cette incroyable aventure qu’est le rallye Dakar.